Le contexte

Date de mise à jour : 2 juillet 2012

Le bois de rose (Aniba rosaeodora Ducke) appelé aussi pau rosa, bois de rose femelle, rosewood, pau ferro appartient à la  famille des Lauraceæ. L'aire de répartition de l'espèce englobe le Venezuela, la Colombie, l’Equateur, la Guyane française, le Guyana, le Pérou, le Suriname et le Brésil (Etats fédéraux d'Amazonas, du Pará et de l’Amapá). Le nom de bois de rose dérive du parfum agréable qu’il dégage.

Depuis plus d’un siècle, son huile essentielle est recherchée en parfumerie de luxe pour ses propriétés olfactives et fixatrices de parfum.

Elle donne de la richesse et du naturel aux tonalités florales. Elle est fortement appréciée pour la présence du linalol lévogyre qui s’évapore lentement et transmet cette propriété aux autres composés en les fixant entre eux. Le linalol est aussi un précurseur de plusieurs actifs utilisés dans l’industrie de la fragrance et des parfums. L’huile essentielle de bois de rose est aussi utilisée dans le secteur de l’aromathérapie du fait de ses nombreuses propriétés thérapeutiques : régénérateur tissulaire, antifongique, anti bactérien, adoucissant…

usine    Usine de bois de rose des Comptoirs coloniaux Chiris (c. 1926) © Archives départementales des Alpes-Maritimes

Le bois de rose a été exploité en Guyane Française dès 1875 et cette espèce a été récoltée dans de telles proportions que ses populations naturelles se sont épuisées. Cette situation a conduit à l’interdiction de son exploitation en 2001 (arrêté ministériel 09/04/2001).

Contexte-Carte CITES

  Répartition géographique du bois de rose, CITES

A ce jour, le Brésil est le seul producteur d’huile essentielle  et l’on observe un processus d’épuisement très proche de celui observé en Guyane. Les productions actuelles ne répondant pas toujours aux besoins des industriels (volume et qualité). A la demande du Brésil, l’espèce Aniba rosæodora a été inscrite sur la liste II de la CITES (Convention sur le commerce international de la faune et de la flore)  en 2010 (CoP15; Doha, 2010).

contexte

C’est dans ce contexte qu’envisager la reprise d’une production d’huile essentielle peut être un atout majeur pour le développement de l’économie endogène de la Guyane. D’autant que Chantraine et al (2008)1 ont mis en évidence l’exceptionnelle qualité de l’huile essentielle de bois de rose provenant de Guyane, du fait de sa haute teneur en linalol lévogyre. Des travaux de recherche sur sa mise en culture ont mis en évidence  qu’il était possible d’envisager une gestion durable du bois de rose à partir de la mise en place de plantations sur le sol guyanais. Néanmoins, il est indispensable de montrer la capacité de produire de l’huile essentielle, avec une qualité constante. Cela nécessite la maîtrise des itinéraires techniques de production de bois de rose, dans des délais raisonnables si l’on vise la mise en place d’une filière dans ce sens. Enfin, il est nécessaire de proposer un outil de traçabilité permettant de certifier que les bois exploités proviennent bien de plantations et non des aires naturelles pour être en accord avec la réglementation. Aussi, ce projet «Anib@rosa» s’inscrit dans la continuité des travaux2 entrepris jusqu’alors sur le bois de rose en Guyane et se propose d’apporter des solutions à ces deux problématiques.

1 Chantraine, J.M., Dhenin, J.M., Moretti, C., (2009).Chemical Variability of Rosewood (Aniba rosaeodora Ducke) Essential Oil in French Guiana. 2009, The Journal of essential oil research. 21(6) : 486-495.
2 Etude sur le bois de rose (Aniba rosaeodora) : Analyse des ressources génétiques et création de parcelles conservatoires (1998 - 2001). Financement : Ministère de l’Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie & Secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. Partenariat : CIRAD, IRD, ONF.

Date de mise à jour : 2 juillet 2012

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